Vous ne savez pas quoi offrir à un illustrateur ? Offrez-lui un stage de sérigraphie ! C’est ce que mes proches ont fait lors de mon dernier anniversaire et ils ont visé juste : moi qui rêvait de découvrir cette discipline, j’ai été ravi. Et puis, vraiment satisfait du résultat, j’ai eu envie de prolonger un peu cette expérience en la racontant ici.

Pour rappel : qu’est-ce que la sérigraphie ?

Si vous voulez imprimer un visuel, les solutions les plus conventionnelles sont :

  • L’impression numérique jet d’encre : vue comme l’imprimante des particuliers, pratique pour imprimer quelques documents administratifs et photos de vacances à domicile, mais ses cartouches d’encre coûte un prix exorbitant.
  • L’impression numérique toner : la grosse imprimante trouvable dans la plupart des entreprises. La poudre toner se fixe sur le papier et c’est assez pratique si vous voulez imprimer des petites séries de documents.
  • L’impression offset : le mode le plus classique dédié aux grosses séries tels les journaux, prospectus, livres, magazines etc. Quatre rouleaux chacun dédiés à une couche de couleur permettre de couvrir la plus grande partie du spectre de couleur. C’est aussi ce qu’on appelle dans le jargon une « impression quadri« .

Pour la sérigraphie, c’est une autre limonade : le principe est beaucoup plus artisanal que de cliquer sur le bouton « imprimer » de son ordi mais n’est pas aussi performant qu’un procédé offset. On lui trouve certes des inconvénients, mais ses avantages permettent de bien contrebalancer et proposer une belle solution pour les tirages soignés et limités :

Les –

  • Demande beaucoup de main d’œuvre
  • Pas pratique si on veut imprimer une grosse série d’exemplaires de son visuel
  • C’est compliqué de faire des dégradés

Les +

  • Vous pouvez imprimer sur une multitude de supports : papier, tissus, bois …
  • Vous avez un énorme choix d’encres et les encres à eau plus écologiques se démocratisent.
  • Si votre visuel est uniquement composé d’aplats, c’est un choix très pertinent.
  • Contrairement à l’impression quadri, vous pouvez prévoir autant de couches de couleurs que vous le souhaitez.
  • Il existe énormément de ressources si vous êtes un/une as de la bricole tendance DIY
Dans l’atelier d’Antonin+Margaux on s’aperçoit des multiples supports où il est possible de sérigraphier

Comment ça marche ?

J’ai fait mon initiation dans l’atelier d’Antonin+Margaux, et la première impression est que si vous souhaitez vous mettre sérieusement à la sérigraphie j’espère que vous avez beaucoup de place vu les étapes et les outils à utiliser.

On utilise deux cadres dans lequel on trouve un tissage, plus ou moins serré, qui laisse passer l’encre. Enduits d’un produit sensible aux UV, les cadres reposent quelques heures dans l’obscurité le temps d’agir. Le temps pour moi de faire mon visuel sur deux feuilles rodoïdes transparentes au Posca : une couche pour le tracé, une autre pour le remplissage.

Feuille transparente pour laisser passer la lumière + posca pour la bloquer + bonbons = visuel en bonne voie

Une fois les dessins terminés et les cadres enduits secs, chacune des feuilles transparentes est calée sur le cadre, ce dernier se prend un bon shoot d’UV, puis on ne perd pas de temps et on passe le cadre au jet d’eau et là, magie : seul la partie recouverte par le tracé de mon illustration s’en va !

Transparent : l’encre passe. Pas transparent : ça passe pas.

Après avoir fait sécher les cadres au vent et au soleil (merci le beau temps), corrigé quelques petites pétouilles d’impression et positionné les cadres sur les machines on peut enfin se lancer la partie la plus fun : passer la raclette !

Vu que la sérigraphie propose des encres assez différentes et que l’atelier d’Antonin et Margaux en proposait un choix assez large, j’ai pris un encre rose fluo, je n’aurais jamais ce résultat sur une impression classique alors autant se faire plaisir !

Name a more iconic duo

Ensuite, le procédé a plein de petites subtilités mais reste assez simple à résumer : on cale son totebag, on passe religieusement la première couche, on retire le cadre, on passe la seconde, on retire le cadre et ainsi de suite.

Et hop ! La première couche !

Et en passant la seconde avec un coup de raclette assez novice si vous remarquez les endroits où l’encre ne se dépose pas assez bien. Heureusement, je crois avoir à peu près chopé le geste au bout de quelques tote bags.

Et hop ! La seconde !

Pour conclure

C’était vraiment une belle découverte et une belle initiation, de quoi me donner envie rester curieux sur ce medium, même si je n’ai pas de projet précis en tête. Durant cette journée, Antonin m’a dit « tu vas voir, quand tu découvres comment c’est fait tu veux tout sérigraphier » et c’est absolument le ressenti que j’ai eu à la fin de la journée : je veux sérigraphier des posters, des totebags, des t-shirts, faire des tests sur le dos de mon vieux hoodie, créer mes prochaines cartes de vœux … bref le choix et vaste et l’histoire est à suivre !